Mary Toft : huit pièces à examiner

Des médecins rapportent avoir extrait des morceaux de lapins. Suivez leurs observations, le trajet des pièces et les conditions de leurs interrogatoires : que permettent réellement d’établir ces récits ? Descriptions d’examens intimes, de restes animaux et de menaces d’une opération douloureuse.

2 synthèses · 8 pièces · 15–25 min (estimation, non mesurée)

Difficulté standard · comparer les observations et le trajet des pièces

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Trois ou quatre minutes au chevet

Le 15 novembre 1726, Nathanael St André arrive à Guildford, dans le Surrey, avec Molyneux, secrétaire du prince de Galles. Des lettres de John Howard, chirurgien de la ville, ont attiré leur attention sur Mary Toft, une femme de Godalming dont on affirme qu’elle produit des lapins. St André veut examiner ce fait extraordinaire. Après trois ou quatre minutes d’attente, il dit retirer le tronc dépouillé d’un lapin d’environ quatre mois. Dans son récit, il précise :

Personne d’autre que moi ne la toucha entre mon premier examen et le moment où je la délivrai : ses douleurs étaient assez vives et durèrent quelques minutes ; elles cessèrent dès qu’elle fut délivrée, et elle parut gaie et soulagée ; elle marcha seule du bord du lit jusqu’au feu et s’assit sur une chaise, où je l’examinai. Je trouvai, le long des trompes de Fallope, quelques irrégularités, plus sensibles du côté droit de son ventre : cela me fit conjecturer que les lapins s’étaient formés dans ces trompes et n’entraient dans l’utérus qu’au moment où ils lui causaient ces agitations qui, selon le récit de M. Howard et de plusieurs autres personnes, se faisaient nettement sentir de nombreuses heures avant leur expulsion.

St André suit Toft du lit jusqu’au feu, puis décrit son examen sur une chaise. Il a vu une extraction ; il propose ensuite une explication de la formation dans les trompes, qu’il nomme lui-même une conjecture. Les sensations ressenties auparavant lui arrivent par Howard et d’autres personnes.

La période pendant laquelle il affirme avoir été seul à la toucher commence à son propre examen. Avant ces quelques minutes, son récit dépend aussi de ce qu’on lui a rapporté. Le corps qu’il examine se trouve ainsi au croisement de ses gestes, des douleurs décrites et d’une histoire déjà commencée sans lui.

Nathanael St André · A Short Narrative · 2e édition, John Clarke, 1727 T01: p. 8 (PDF 13); T02: p. 9, 10 (PDF 14, 15) Résumé attribué et rapprochements éditoriaux de Clipped. Les paragraphes cités sont des traductions originales Clipped des extraits anglais indiqués. T02 : sélection continue de « No Person » à la fin du paragraphe. Elle conserve la période d’observation, les douleurs et les sensations antérieures rapportées. Les tests d’organes qui précèdent ne sont pas cités. Citations anglaises : s long et ligatures normalisés, lignes et césures réunies, espacement de ponctuation normalisé ; orthographe et erreurs conservées. Italique, signatures et réclames non reproduits. Traductions françaises originales de Clipped, vérifiées contre les sélections anglaises ; pas de relecture humaine indépendante. Wellcome Collection. Texte et scan historiques : Public Domain Mark, selon les notices conservées. Traductions françaises originales de Clipped. Aucune illustration n’est incluse. Contexte ajouté : St André, p. 4 et 7 (PDF 9 et 12), relus sur scan pour John Howard, Guildford/Surrey, Godalming (Godlyman dans l’imprimé), Molyneux et l’arrivée du 15 novembre. Ces détails de cadre ne changent pas les extraits cités.