La commission de septembre
Berlin, 1904. Dans une cour pavée du nord de la ville, entre de hauts immeubles, un cheval répond aux questions de ses visiteurs en frappant le sol du sabot. Hans appartient à M. von Osten, un ancien professeur de mathématiques qui lui a consacré des années d’enseignement. Dans le récit qu’en publiera Oskar Pfungst, les démonstrations ont lieu vers midi, sans droit d’entrée ; les visiteurs peuvent s’approcher du maître et de l’animal, récompensé de pain ou de carottes. L’enjeu dépasse le spectacle : si Hans résout réellement les problèmes qu’on lui soumet, un cheval serait capable d’un raisonnement que beaucoup réservent aux humains.
Le 12 septembre, treize signataires rendent leur avis. Parmi eux figurent Paul Busch, directeur de cirque, et Carl Stumpf, directeur de l’Institut de psychologie de Berlin. Ils ont cherché un truc : un geste ou un signe donné exprès pour souffler la réponse. Leur rapport, reproduit dans le livre de Pfungst, écarte cette explication dans les conditions de leur enquête :
Après un examen attentif, ils conviennent unanimement que de tels signes sont exclus dans les conditions maintenues au cours de cette enquête.
L’avis est favorable à Hans, mais il ne certifie pas qu’il calcule. Les signataires disent aussi avoir écarté les signes involontaires alors connus et rapportent des réussites lorsque la personne qui interroge ignore la solution. C’est un constat à mettre à l’épreuve, pas un mécanisme expliqué. Oskar Pfungst, qui mène les expériences psychologiques, va reprendre cette difficulté au moyen de procédures avec et sans connaissance de la réponse. Dans la cour berlinoise, le sabot donne un nombre ; personne n’a encore établi ce qui lui dicte de s’arrêter.
Adaptation Clipped avec T01 en traduction Clipped de l’anglais vérifié sur scan. Rapport de la commission de septembre reproduit par Oskar Pfungst, p. imprimée 253 ; PDF p. 263 ; feuille JP2 Cornell-BHL exacte 0262. La conclusion reste limitée aux conditions maintenues. Contexte narratif : même volume Cornell-BHL, pp. 13, 18, 34–35, 42–45, 57–62, 102–103, 133–139 et 253–265 ; voir le registre de revue narrative.