Une fortune entre deux monnaies
Boston, 1920. Un promoteur propose de partager un bénéfice qu’il dit tirer des changes. Après la guerre, explique-t-il, les écarts entre monnaies permettraient d’acheter des coupons-réponse postaux internationaux dans un pays et de les revendre dans un autre avec 100 % de bénéfice.
Le coupon-réponse est un objet modeste : il sert à payer le port d’une réponse envoyée de l’étranger. Dans le commerce annoncé, ce petit instrument de correspondance devient le moyen de profiter des différences de prix entre pays. Le promoteur présente l’opération comme son affaire personnelle et propose aux prêteurs d’en recevoir une part.
L’offre prend la forme d’un billet à quatre-vingt-dix jours. Le prêteur remet de l’argent ; il reçoit une promesse écrite d’en retrouver davantage. Le voyage des coupons reste hors de sa vue, tandis que le montant et la date du remboursement tiennent sur un papier.
Résumé CLIPPED de la décision de 1924, pas un document recueilli en 1920. Les pièces partagent une même source judiciaire.